Vent Mauve sur V City (finale)

25 jan

Tonton s’est réveillé tôt, ou plutôt a été réveillé par un sentiment étrange. Un rêve agréable pour une fois, mais plein de choses qu’il n’aimait pas. Il y avait aussi un homme très grand qui surplombait la ville et soufflait un vent plein de bonbons, de pâtisseries, de couleurs, de rires… Marquons ici une pause pour aller vomir… « C’était quoi ça ? » s’écria-t-il. Il était en sueur, des frissons lui couraient le long du dos tels des petits farfadets courant un marathon vertical. Pour ne pas déranger Nono, il se rendit dans son bureau où il alluma la chaine hi-fi. C’est un slow qui en sortit, il monta le son sans s’en rendre compte. Les murs de l’hôpital tremblèrent au moment du solo. Puis Grand Tonton se raidit, réalisa ce qu’il venait de faire et coupa le son immédiatement.

« Ok. C’est quoi ce bordel ? »

Que se passait-il aujourd’hui ? Un truc bizarre, certainement. Cependant ils avaient l’habitude maintenant. Pourquoi en faire toute une histoire ? Mais Parce que fichtre, c’est quoi ce bordel ?
Peu de temps après, il regarda par la fenêtre l’air songeur. Un nuage en forme de cœur passait par là : « C’est joli ce petit nu… » Pris de peur, il souleva son armoire et la jeta violemment contre la fenêtre pour faire disparaitre l’image infâme qu’il venait de voir et éclata de rire. Le meuble atterrit sur un passant qui pleura. Il se fit faim et tonton ne sait guère faire fi de sa faim.

V

     Et la vigie pendant ce temps là ? La vigie est complètement étalée par terre et serre sa longue-vue dans ses bras en lui disant que jamais elle n’aurait cru rencontrer de si belle et forte longue-vue. Elle aime sa longue-vue et ce qui suivrait si j’avais la force de le raconter ne doit jamais sortir de ces murs. Elle avait été la première victime des ondes de l’infâme Guy et n’avait rien vu venir. Du mauvais boulot, oui. Très mauvais.

V

Salle de la bouffe : 10h35.
Violopette est enfin allée manger. Des Cornes Flakes (Blague Viking). Un grand bol. Cela devrait combler le vide. Elle ne remarque toujours pas la brume rose à ses pieds. Assise à sa table en arbre taillé, elle se met à rêver, dehors les nuages prennent encore des formes mignonnes, les dauphins géants sautent en cœur, un peu comme la forme que vient de créer la jeune fille au milieu de son lait. Grand Tonton passe devant elle à ce moment :
«— Hey la nièce ! A va ? T’as rien remarqué d’anormal aujourd’hui ?
—Si. Tu fais du bruit. Enfin, plus que d’habitude. Puis… Non rien d’autre.  Aucune raison de lui avouer le petit vide qu’elle ressentait. On part en mission toute à l’heure.
— Ok. Je vais demander à Nono aussi. »
La fille aux lézards était remontée dans sa chambre. Elle dormait mais se réveilla en entendant son amoureux en disant « Mon amoureuuuux à moiiiii le plus beauuu, le plus grannnnd. » S’il n’y avait pas eu ce parfum fruité évocateur de leur première rencontre, il se serait arrêté pour lui demander s’il elle avait abusé de la Salle de l’Effet. Cependant il se blottit contre elle et ferma les yeux. Une griffe se referma au niveau de son cœur. Il s’abandonna complètement dans les bras de celle qu’il aimait, oubliant un instant les évènements de la matinée.
—« Mon chéri ?  
—Ok, y a un problème ! Depuis quand tu m’appelles comme ça ?
—Mais, depuis toujours mon bébé.
—AAaaaaAah putain ! Je me tire, tu me fais peur, tu es vulgaire, tu parles jamais comme ça. » Sueurs froides de nouveau, jambes qui flageolent, cœur qui se demande qui à mis le vibreur au max, dents qui grincent.

V

La Corne de la Convocation retentit dans tout le bâtiment. L’heure de la Réunion est venue… Enfin, en moins JENOVA. Tout le personnel se rassemble dans le hall de l’ambassadeur. Violopette est en tenue. Ses lunettes brillent d’un reflet de grande satisfaction. Comme après un perfect. Tous écoutent sagement sous les voûtes roses. Comme toujours, l’excitation excite les excitables mais on ne sent aucune nervosité. Rien qu’un désir commun accru par les vapeurs indicibles que tout le monde a inhalé depuis l’aube. La Vigie n’est pas présente, nous ne voulons même pas savoir à quoi elle s’adonne dans sa tour de guet. L’héroïne de cette série prend la parole, la silhouette immatérielle et invisible à ses côtés lui dicte ses mots : « Nous partons en mission, il faut aider les miséreux, collecter des fonds pour soigner les maladies orphelines, parrainer des enfants pauvres, bâtir des orphelinats… » Tonton lève un sourcil gauche accusateur et voit alors l’aura prendre forme, se matérialiser. Il lui balance son casque qui passe au ras de sa petite nièce sans même se demander ce qu’est la chose. Tout ce qu’il sait, et c’est bien suffisant, c’est que cette chose est là pour de mauvaises raisons, elle veut répandre le bien. Le casque va s’écraser dans le mur faisant ainsi vibrer l’univers.
—« Réveille toi Violopette ! T’as un machin rose moche collé aux cheveux ! s’écrie Tonton.
—Hein ? Un chewing-gum ?
—… Quel dialogue de merde… Nan, une sorte de travelo brumisé!
— Aaaah. Enlève le. Enlève le !
— Un gentil ? Où ça ? Chargeeeeeez ! » s’élance Nono chevauchant un rhino.
La fille aux lézards parvient à distinguer l’homme agrippé à Violop’, elle fait se ruer le rhino, son amie esquive d’une roue impossible dans la vraie vie mais le gentil réussit également à éviter l’attaque. Le gros des troupes, Violopette, Nono et Tonton, se tiennent côte à côte. Les sous-fifres  ont reculé mais sont toujours en rang. C’est l’heure des présentations.

« —Qui es-tu ? C’est toi qui as pourri le hall avec ton rose ? double-questionne l’héroïne du vice.
—Je suis GUY ! GUY LE MAUVE mes petits amours! J’ai senti tellement de mauvaises vibrations, tellement de gris dans vos vies, des couleurs ternes et tout le malheur du monde se rassembler ici. Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Un petit coup de brume guimauve et de redécoration  façon bibi pour que tout aille mieux. Ses yeux brillent d’excitation. Ça en devient presque dégueulasse.
—Tu te crois où pour entrer chez moi, refaire le papier peint, essayer de parasiter mes troupes, pourrir la ville avec tes machins mignons ? Braille Violop’. Je parie que c’est toi aussi le mal de bide que j’ai depuis que je suis levée.
—Ce mal de ventre, ce vide, c’est… Il s’élève dans les airs en tournoyant, sa cape s’enroulant autour de lui soulève un nuage rose pailleté dans la grande pièce… C’est de l’AMÛR !
—BÊÊÊÊÊÊh ! Butez-le ! »

    C’est l’heure de la baston. Les sous-fifres sont sortis en se tenant par la main et font la ronde niaisement. Quel habile procédé stylistique pour se débarrasser d’eux. Le grand Guy les surplombe tous et les observe indigné. Cependant, il est déterminé à gagner ce combat et contre les coups de fouet de Violopette grâce à sa terrible griffe capable de fendre l’air au sens propre. Elle ne se laisse pas impressionner pour autant, le tout est de rester mobile. Elle a remarqué que son oncle s’est dirigé vers l’escalier en courant. Il faut faire diversion quelques secondes de plus. Nono a pris un peu de recul. Le Mauve est distrait par elle quand il voit qu’elle fonce dans sa direction malgré la hauteur qui les sépare. À ce même moment, Violopette parvient à enrouler son fouet autour du mollet de son adversaire et on entend le viking crier alors qu’il lui saute à pieds joints dans le dos. Et oui, Guy, tu n’as rien vu venir hein. Le personnage rose chute mais n’a pas le temps de toucher le sol que la corne du rhino lancé à toute vitesse lui percute le torse et l’envoie valser contre le mur. Il se relève difficilement en haletant de grands halètements emplis de rage et d’incompréhension. Pourquoi ne le laissent-ils pas apporter le bonheur dans leurs vies ténébreuses ? « Autre chose à foutre » s’exclamerait Tonton. Qu’importe ! Ils verront par la force le monde en rose, les arcs-en-ciel dans leurs esprits et le soleil chasser les nuages ternes de la décrépitude inhumaine que la Terre est devenue. Guy a pris le contrôle de l’auteur, pardon pour tout et pour la suite.

Nos héroïques compagnons si mignons se sont rapprochés et sont prêts à achever le Grand Mauve. Le rayon violopetteur est chargé et attend de faire son œuvre. Nono est déjà repartie pour une charge mais cette conjonction de coordination indique une opposition aux attentes du lecteur et Guy pousse un cri si aigu qu’il envoie valser Violopette et son oncle. Il a donc le temps d’esquiver la terrible attaque cornue, sa cape virevolte et tournoie comme les couleurs du matador. C’est alors que la revoilà, et une autre esquive, puis une autre. Les deux autres reviennent en courant. Une nouvelle attaque rhinocérale, mais cette fois-ci le Mauve sort son grappin, le lance dans le muffle de l’animal enragé encore dans sa course, il tire de toutes ses forces et le rhino s’effondre, Nono n’a pas le temps de sauter de son dos et s’étale à ses côtés. Guy envoie des baisers à Tonton et sa nièce pour les ralentir. N’importe qui serait paralysé face à cela, croyez moi. Il se rapproche alors de Nono pour l’hypnotiser directement, elle n’est plus une menace pour lui désormais. Elle est repartie pour Niaiserie Land quand soudain, la voix de Violopette résonne dans le grand hall :
« —Hey, Gros Guy le Gueux ! Prend ça dans les dents et dis adieu à tes carries ! »
Un magistral rayon violopetteur est lancé par notre héroïne préférée. Cette réplique infâme qui ne mérite que les Enfers interpelle Guy au point qu’il n’a pas le temps de réagir et se prend le rayon en pleine face. Il titube, recule de quelques pas, crie de rage et de plaisir, puis lève le bras droit devant lui et stoppe le dévastateur rayon. Stupéfaction chez les méchants, enfin, chez les gentils, enfin, chez ceux qu’on préfère quoi, le Clan du V. Pourtant, elle ne se laisse pas impressionner et augmente la dose. L’énergie dégagée fait s’élever un vent terrible emportant tout sur son passage, Tonton doit serrer les orteils pour ne pas s’envoler. Guy déchire son body et laisse éclater au grand jour son torse, ou plutôt nous imaginons qu’il y a un torse là-dessous car une aveuglante lumière rose jaillit suivie d’un rayon pour riposter à l’attaque de Violop’. Baptisons cela le Rayon Ultra Guy pour le moment.

De la couleur aurait été cool

Le choc est immense, le niveau des mers est monté, les vagues se déchainent assez pour exciter les plus grands romantiques, toutefois, il faut en finir de cette bataille. Tonton, témoin de la scène arrive à reprendre pied. Il prend un élan de trois pas tout en levant son maillet au dessus de sa tête et le balance de toutes ses forces, si bien qu’il fend l’air, fracasse la tornade générée par le choc rayonnant et va éclater le front du Mauve. L’emprise du Guy se relâche, il saigne, titube à nouveau et cette fois-ci, le rayon Violopetteur fait son office et le projette à travers le mur derrière lui. La brume disparait. Nono reprend conscience et rejoint ses deux compagnons :
« —Il est fort, je m’y attendais pas. Il est KO ? s’enquiert Nono.
—Non, il est dans la Salle de l’Effet. Allons y !» Violopette s’élance.
La Salle de L’effet attend devant eux. L’immense porte semble les inviter à entrer, comme ces portes qui scellent votre destin un soir de brume, et même si nous n’en sommes pas là pour le moment, la Salle de l’Effet est un lieu qu’ils ne maitrisent pas. Jamais elle n’aurait dû être construite, mais la destinée a ses fuites et son fondateur n’est pas dans ce que je récite. La rime est faible, mais ils s’avancent. Nono attrape Tonton par l’épaule :
«— Tu n’es pas obligé d’y entrer, ça pourrait être dangereux. Tu te souviens la dernière fois ?
—Bof, on s’en fout, de toute façon, on a pas le choix. Les machins roses peuvent pas rester là. »
Le couple rejoint son leader dans la salle si redoutée où règne un silence de cours d’interprétariat théorique (référence très personnelle nous le concevons). Tous les trois se tiennent côté à côte attendant un signe de la part de leur adversaire. Un cri suraigu s’élève et les lumières de la salle s’allument, les parois se changent en guimauve multicolore recouvertes de symboles de la plus haute niaiserie. Guy le Mauve a pris le contrôle de la pièce. Autant dire que nos amis sont dans la merde. Quel procédé foireux va trouver l’auteur pour les sortir de là ?

V

    Ils sont face à face, la colère se voit désormais sur le visage de Guy : « Que vous le vouliez ou non, je vous rendrai heureux. Vous n’êtes pas les premiers à être récalcitrant mais je vous assure, je vous jure, que je vous aurai. Cette salle est merveilleuse, mes pouvoirs y sont beaucoup plus gros, plus durs et si pleins de vigueur.» Sans leur laisser le temps d’une réplique cinglante, Guy attaque les trois membres du Clan de la Grande Corne à l’aide de biz’bombs. Des centaines d’entre elles sont lâchées telles des nuées de bisous s’abattant sur Violopette, Nono et Tonton qui se défendent du mieux qu’ils peuvent. Violopette est la première à perdre pied, les deux autres ne peuvent l’aider. Le Mauve se rue sur elle, l’attrape par le cou et lui jette le regard de la guimauve. Elle est HS, béate elle reste plantée là sous les biz’bombs. Un sourire idiot se dessine sur ses lèvres et elle repense à cette époque où… Les bombes continuent de pleuvoir, Nono esquive dans tous les sens tout en essayant de se rapprocher du Grand Mauve, mais se fait aussi avoir quand il profite de la confusion pour la prendre par l’épaule de ses griffes effilées. Un nouveau coup d’hypnose directe et la voilà dans le même état que sa camarade. Tonton n’en peut plus de ces bisous, seul face à ce terrible adversaire, il les repousse violemment de son maillet. Guy en envoie de plus en plus, en vain, le mec au maillet arrivera bientôt sur lui en lui criant toutes les insultes que le cosmos ait pu entendre. Guy le Mauve doit trouver autre chose. Il disparait encore une fois dans sa  brume, les biz’bombs disparaissent. Tonton ne cherche pas à comprendre et court vers sa douce Nono qui sourie encore plus en le voyant. Une griffe immatérielle se pose sur son cœur. Elle se jette dans ses bras et lui tient à peu près ce langage :
« — C’est terminé, il est parti. Lui affirme-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
—Tu es sûre ? Il veut vérifier autour de lui mais n’arrive pas à détourner le regard.
—Oui, ne t’en fais pas mon amour, nous n’avons plus à nous battre tu sais.
—Oui.
—Nous pouvons vivre heureux maintenant.
—Voui.
—Et on peut abandonner cet hôpital psychiatrique.
—Voui.
—Et on vivra dans une maison pleine de fleurs « Voui » avec plein d’enfants qui seront mignons « Voui », et on les aimera « Voui » et on s’aimera « Voui » et on aura des murs roses —étincelle—, et on aura de la vaisselle rose —étincelle+crispation—

Et
On
Portera
Du
Rose »
—étincelle  crispation poings serrés et Explosion d’encre. Tonton se réveille brusquement en une explosion d’ombres s’allongeant, rampant sur le sol, chassant le rose et toute lumière. Des arbres sinistres se dressent. Des crayons brisés se plantent partout avec fracas. Des yeux s’ouvrent.


« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaAAAAAh ! Ça suffit les conneries Guy ! T’as failli m’avoir mais là, c’est trop ! Trop, non seulement tu fais dire des insanités à Nono mais en plus, tu veux refaire ma garde-robe pour que je ressemble à un rouleau de papier toilette ambulant ! Serre les fesses, c’est un conseil, parce que ça va chier. » L’emprise que Guy avait eu tant de mal à imposer à Tonton est bel et bien brisée. Le Grand Mauve est perturbé, comment est-ce possible ? Il tente désespérément de lacérer le viking mais ce dernier, entouré d’ombre ne sent pas ses coups. Tonton a repris le contrôle de la salle. Il distribue les baffes frénétiquement puis met Guy le Mauve à terre d’un coup de malleus dans les dents.


« —Pourquoi me rejetez vous ? Vous êtes tellement malheureux. Toutes ces mauvaises ondes et ce vice en vous. Halète le grand méchant mauve.
—« Ta gueule ! On est heureux avec nos peines et nos colères ! Elles ont fait que nous nous sommes rencontrés et putain je parle encore comme dans une niaiserie     pour ados consanguins ! Puis Violopette te l’a dit, tu n’auras plus de carries. » Tel un grand golfeur, le viking l’expédie dans les airs, le Guy traverse le plafond de la Salle de l’Effet, puis les cieux et le mystère car nous ne savons guère où il atterrira par la suite si un jour il atterrit.


Violopette et Nono sont maintenant revenues à elles et réalisent que les ombres sont de plus en plus menaçantes. Leur compagnon se tient immobile au centre de la pièce, un éclat vert dans les yeux. « Faut le sortir de là. Ça va finir comme la dernière fois sinon. » crie Violop’. « Ouais, allez, on le choppe. » Des formes apparaissent dans l’encre du sol comme pour happer les deux filles qui ne se laissent pas impressionner. Violopette attrape son oncle par la jambe avec son fouet, Nono au cou avec les dents et elles le trainent dehors où les ombres d’encres se calmeront. Tout redevient lentement normal, le rose, les fioritures laides et toutes ces choses débectantes s’évanouissent peu à peu. Le vice règne à nouveau sur V City.

Dehors, les méduses ont fini leur migration. La mer est calme, le temps se repose enfin. Cependant, il sait qu’il faudra bientôt reprendre son cours et lancer le monde dans d’autres sphères cosmiques. Peut-être même qu’un jour, il apportera du sens à ces mots décousus et laissera entrevoir la vérité à vos yeux ébahis par tant de splendeur nouvelle. En attendant, il refuse de se tenir pour responsable de ces quelques pages. Les méduses reviendront un jour illuminer les eaux de leurs volutes électriques.

DS, frappé par Guy le Mauve. Les coups ont été rendus.

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Vent Mauve sur V City (2ème partie)

12 jan

« C’est donc cet endroit qui m’attira ici. Jamais je ne vis place plus viciée que celle-ci ? Bien, je dois me mettre au travail dès maintenant. » Le matin est encore un nouveau-né. « Ils doivent dormir les gens de cette bâtisse. Quand ils se réveilleront, le monde leur semblera plus rose, je vais chasser toutes leurs tristesses, frustrations et les écraser. Ils seront heureux ! Heureux ! Car, ma mission est de chasser le malheur et les pleurs.» À ces mots, les corbeaux sur les fils électriques virent une grande silhouette se changer en une mouvante brume mauve qui se faufila dans l’antre de Violopette et de son équipe.

V

                La porteuse de la shortolopette violette sortit de sa chambre et décida d’aller voir si Nono était avec les rhinos et les hippos. Un autre « WIOUUUUUUU WIONNNNNN » de chez tonton. Cette fois-ci, un son plus habituel, moins niais que le précédent suivi d’un rire tonitruant. « Il n’a pas du faire attention tout à l’heure. » Elle passa par le hall et dut s’arrêter un instant en voyant que la déco avait changé. Les murs avaient été repeints en fuschia, du lustre massif pendaient de magnifiques tentures roses qui venaient s’accrocher aux parois comme si un liquide gluant en avait gracieusement coulé. Pour combler le tout, en plein milieu au sol, le carrelage avait été refait : on reconnaissait dans le motif un cœur énorme entouré d’angelots. « Sympa ! On aurait du faire ça plus tôt. »… « Hein ? J’ai dit ça moi ? » Puis elle reprit son chemin, sans même penser qu’il fallait virer ce bordel. Elle ne remarqua pas les griffes qui jouaient avec ses cheveux.

Nono était bien avec les bêtes mais ne s’en occupait pas, ne courait pas dans tous les sens, ne parlait pas toute seule. Elle avait la tête ailleurs, loin là-bas, un lieu plus effrayant que le Niflheim, une sorte de monde de bonheur plein de nounours en peluche et autres animaux chantant. « Que se passe-t-il ? », s’interrogea Violopette. Puis une voix doucereuse et virile  lui susurra ces quelques mots : « Elle est tellement heureuse, il ne faut pas la déranger. Toi aussi tu peux être comme elle, laisse toi fai… » MÉGABOUM bris de verre rire pleurs. Tonton fait bien du bruit ce matin. Il se fait faim, notre héroïne du vice sent encore cette chose dans sa poitrine, un bol de céréales devrait faire passer tout ça.

 

 

L’extrait est court, le retard a été pris. Il faut le rattraper maintenant.

DS

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Vent Mauve sur V City (part I)

24 déc

  Le soleil se lève à l’ouest au jour du oui. Des oiseaux lunes volent la tête en bas et vont se noyer dans les dernières étoiles qu’une brise inadjective  repousse aux confins de la nuit. Un vent aussi ridicule qu’un pet de pingouin  s’essouffle sur les lampadaires de la ville comme pour les arracher, ou les éteindre, image au choix. Au fil des pas, les rues s’animent, des talons claquent le pavé luisant de rosée, les mines sont réjouies et pleines de joie, une cape virevolte dans l’air égayé, le monde semble chanter une mélodie du bonheur, des lèvres mauves se fendent d’un sourire à l’approche d’un étrange bâtiment en forme de casque à cornes.

                Violopette ouvre les yeux ce matin là avec une envie bizarre, comme un vide à combler, certainement l’envie d’un petit pain bien chaud pour le petit déj’. Elle se lève, va faire pipi sans même ouvrir les yeux, encore endormie de sa nuit de Must-a-Bove 4, les « show the best » et autres « Kururuuuu » résonnent encore là-dedans comme une vieille gueule de bois. Puis, elle va ouvrir les rideaux de sa chambre, la sensation revient, elle sent un frisson dans sa poitrine et ses jambes tremblent un court instant. La mer est calme et repose là, On dirait qu’elle veut étreindre le ciel. Sans s’en apercevoir, Violopette porte ses mains à son cœur. Pendant quelques secondes elle sourit et pense à … « WIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIOUUUUUUUUUUUU WOIIIIINN » (solo de guitare. Précisons.), les onomatopées viennent la tirer de sa rêvasserie, Grand Tonton est déjà levé et craque l’instant d’un solo ultime. Une chanson d’amour ? Dès le matin ? Avec le son à fond, sans s’en cacher ? Inhabituel se dit notre héroïne pas encore vêtue.

V

À suivre.

DS, distillons distillons.

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Susie Q was the sweet hitch-hiker

16 déc

 

Non ceci n’est pas un collage. Non, ceci n’est pas un essai stylistique d’art en recherche de quelque concept obscur. Ceci est une avant-première de ce que vous verrez chez la Petite Nièce à partir de peu. Quand le bus ne passe plus, il faut faire du stop ou marcher. La route est large, pleine de choses et d’autres, autant tendre le pouce et attendre l’arrivée du poney de flammes. il faut fuir le désert des astres tombés, j’aimerais vous dire que l’image est belle, que le nom est classe… Maiiis, ce n’est pas le cas et donc je ne mentirai pas. Il y a mieux. Et si on y regarde à deux fois, on ne comprend guère mieux.

 

DS

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Des ombres

4 déc

Des volutes d’encre se sont échappées pendant que j’avais le dos tourné. Elles ont pris ton visage on dirait. Presque. J’y vois tellement de choses et mes doigts tremblent parfois de la peur de ne plus retrouver tes traits. Tes lignes se courbent et se mêlent à mes nuits. Oui, je parle de toi, tu le sais très bien.

DS

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I am Lady Ink

28 nov

 

Now you listen to my voice

For I am Lady Ink

And see through my eyes

That none of my weird talk

Can be seen by them

For you drink my words

Every night I come

To sleep in your head

And have a few words

With the Green Eyes

When your soul slumbers

Invent words

Monsters, Teeth, Ladies

From the Unknown

Into which you plunged

Years ago and there

Was the Ink

The Ink and Snow

I am made of

For I am Lady Ink

And my words

Are all odd, weird and disappeared into you.

 

DS, aime utiliser le langage comme il ne faut pas.

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