Violopette et la dance dance revolution machine.

27 oct

De vieilles méduses super-rapides migraient ce jour-là. Elles profitaient de la marée haute et des vagues gigantesques pour longer le rivage. Personne ne se baigne par un temps pareil si ce ne sont quelques suicidaires inintéressants. Elles traversent donc le reflux, fuient les régions tempérées et peu à peu, on ne les voit plus. Elles sont loin, voguent, flottent, virevoltent et tout ce qui reste de leur passage sont les couleurs qu’elles ont laissées dans l’eau et les vagues continuent de venir s’écraser violemment contre la falaise comme pour prendre la forteresse en forme de casque qui siège tout là-haut. Au sommet, l’hôpital psychiatrique, base de Violopette, trône dans toute sa folie. Du haut de sa corne, notre héroïne du vice observe le spectacle en souriant. Elle a évidemment pensé à la même métaphore moisie que l’auteur et se gausse de savoir que personne ne saurait la surprendre par la mer. Et ne détournez pas ce dernier segment de phrase.

Le vice est bien établi en ville, même les nuages adoptent des formes aguichantes, quand soudain, l’assourdissante voix de la vigie géante retentit et fait trembler l’écho et la voûte céleste. Arrêtons là les images. La Vigie Géante Fannaille s’écrie :

_OH! CHEF! VIENS VOIR! Elle lance un rocher géant contre la baie vitrée pour doubler son appel…

_ARRÊTE DE BRAILLER ON EST PAS SOURDS! Elle met le feu à la vigie…

Violopette accourt car sa vigie ne l’alerte jamais en vain, elle esquive les fauteuils roulant, chope un ferrero au passage, vérifie si le Gitan est encore là, lui met un coup de savate, fait un petit bonjour à Grand Tonton à l’infirmerie “au fait pourquoi t’as une ceinture si t’as des bretelles à ta salopette?” – “J’sais pas, c’est toi qui l’a inclus dans le costume”. Et elle monte enfin à la vigie. Au loin, on entend Nono la Camisole qui nourrit les rhinos et les hippos. Violo arrive en haut de la tour de garde. L’était temps. 4h00 entre l’appel et maintenant… Ca n’avance pas tout ça.

La vigie a aperçu des lumières intenses de toutes les couleurs à l’ouest de la vile ville. Il fallait aller voir ça. En pointant l’oreille on pouvait entendre de la musique hystérique. Ainsi Violopette alla chercher son fouet, s’équipa de ses mitaines à clous et de ses boots de chez R.I.P. (Rot In Peace) puis fila comme le vent tel Christopher Cross. En s’approchant, elle s’aperçut qu’au centre des lumières il y avait des flèches dans toutes les directions. Des affiches s’affichaient à l’affiche des poteaux et des murs d’affichage de fiches :

Ce soir

Grand concours de Dance Dance revolution

venez seuls et sans fouet.

Il était de plus en plus évident que c’était un piège, mais notre héroïne avait appris très vite qu’un piège se démonte plus rapidement une fois à l’intérieur. Pas conne la bête, elle a son bac quand même. Elle arriva devant le club lumineux et bruyant devant lequel se trouvaient deux vigiles trop affables pour être vivants.

“Veuillez entrer, vous êtes attendue, la championne en titre a entendu parler de vous et veut vous défier.”

“Huuuu? Ok. Elle va boiter la grosse.”

Entrée dans la boîte, le temps est arrêté dans une odeur de sueur de petite fille hystérique et de phéromones de geek en rut. De jeunes gens dansent à se déboîter les jambes un peu partout. La foule s’écarte devant cette ombre violette soudainement assaillie par le doute. Est-ce vraiment prudent de s’enfoncer dans la lumière? Puis l’excitation de pouvoir jouer à Dance Dance Revolution reprend le dessus en voyant l’imposante machine. Un rire éclate dans la grande salle et une silhouette se dévoile au balcon. Oui, il y a un balcon. Des lunettes en cul de bouteille, une frange nette au dessus des yeux et surtout, cette horrible salopette verte en velours épais. “VERTOLOPETTE! Ça ne pouvait être que toi!”

“Et tu es tombée si facilement dans mon piège, attachez là sur la DDR machine mes sbires vertueux!”

Une flopée (je n’avais pas envie de les compter) de laquais surgit de la fumée stromboscopique pour se saisir de notre malheureuse héroïne carrément trop classe et lui fixer les bras et les hanches à la machine infernale. Quelle bande b****** mal habillés. L’effet de surprise a eu raison de la jeune fille. La voilà qui se retrouve forcée à danser sur cette machine infernale qu’elle voulait tant essayer. “Ton désir a causé ta perte!” (on arriverait presque à ficeler les choses correctement.) hurla Vertolopette de son balcon.

“P***” lui rétorqua Violop’ dont les jambes commençaient à bouger toutes seules, au départ, elle se laissait aller le sourire aux lèvre l’air de dire c’est trop bien ton piège est à chier. Cependant, les flèches à l’écran se firent de plus en plus nombreuses et rapides, les panneaux au sol se faisaient marteler par les jambes éreintées de la fille en violet, il fallait vite trouver une solution avant de mourir. Nulle prise à débrancher, nulle maillet à jeter dans l’écran, nul partenaire à utiliser comme arme. Penser, vite, il fallait penser. Son fidèle fouet lui avait été confisqué.  Elle retrace tous ses souvenirs des batailles précédentes en vain, quand soudain elle repense à une conversation anodine d’il y a quelques lignes (Là on fait genre on est un grand écrivain qui a tout prévu.) Pourquoi une ceinture quand tu as des bretelles?

Pour fouetter les gueux du clan de la vertu de l’autre laideron. À cette pensée, Violopette salue la Grande Corne, détache sa ceinture, active la Violoforce, lève le bras en l’air et d’un mouvement brusque fait claquer l’air pour que sa boucle en V accroche une machine alentour et la faire venir s’écraser violemment sur celle à laquelle elle est attachée…longue phrase…les gens valdinguent dans tous les sens, une explosion s’ensuit et les flèches colorées s’échappent de l’écran. De la fumée épaisse s’élève et le silence tombe comme une tour de Jenga. La foule n’a pas peur, ils font confiance à Vertolopette pour les protéger. La foule est bête. Car voilà que surgit notre héroïne violette pour distribuer des torgnoles à tout va , elle agite les bras, fonce dans le tas de sbires, botte des trains et distribue les coups de boule. le dernier est plus costaud que les autres, c’est lui qui a son fouet, r’anafout’, elle le chope par le col et la ceinture, le soulève au dessus de sa tête et lui administre un brise reins en hurlant comme la brute qui sommeille en elle. Violopette a les nerfs et est bien décidée à le montrer.

De son balcon, Vertolopette réalise qu’il est temps de passer à l’action. Elle saute, triple lootz piqué avec vrille inversée. Tac, au sol, position classe et tout :

“Rend toi Violopette! Tu ne peux rien contre ma nouvelle arme! La scie de la bonté, qui coupera les racines du mal!”

“… C’est une blague là?”

“Héhé, regarde plutôt ça. À ces mots, la Vertolop’ nous sort une lame énorme avec un petit coeur gravé sur le bout.”

“Haha, tu sais ce qu’on fait aux bûcherons chez moi?”

Même pas le temps de finir sa phrase que la terrible qui suit s’ensuit :

Les deux adversaires doivent esquiver les flèches devenus folles, les éclairs multicolores fusent un peu partout et manquent de les blesser à tout instant. Violopette avait jusqu’à maintenant toujours eu l’avantage grâce à la longue portée de son fouet mais Vertolopette était désormais armée jusqu’aux dents (scie ==>dents. Tu comprends?) et pouvait parfaitement prendre l’avantage. Des sauts périlleux, des jets de chaises, de gens et d’insultes. Deux ou trois baffes bien placées et des égratignures dues aux armes dévastatrices. Quand soudain Violop’ se recule et lève la main droite, chargeant un rayon de lumière violette. Mais c’est alors que Vertolop’ en fait de même et charge sa scie d’une aveuglante lueur verte. Le monde tremble sous la puissance dégagée. Le peuple ne peut plus fuir et continue de danser. Le rayon violopetteur est lâché, très vite contré par la scie vertueuse lancée à toute vitesse. On ne voit plus rien, on entend rien que les cris des deux filles dans leur lutte à mort. Le combat est serré. Les jambes fatiguées de Violopette commencent à flancher. Il faut en finir. Prendre un otage? Plutôt crever! Elle relâche son rayon et laisse la scie s’approcher d’elle. C’est alors qu’elle fait un saut sur le côté à la John Woo et rebalance la sauce de son rayon en pleine poire de Vertolopette qui est emportée au loin à travers murs, lampadaires,villes, champs, cieux et couches atmosphériques. Une nouvelle victoire pour notre vicieuse héroïne qui se relève et en profite pour s’occuper du reste des invités si vous voyez ce que je veux dire.

Elle rentre à pieds, accablée mais fière de son combat, monte les étages lentement, s’étale dans son lit et se dit :

“Les bûcherons, on les savate…”

Puis elle s’endort.

Mais loin, par delà l’horizon, une lueur verte brille encore…

DS

6 Réponses à “Violopette et la dance dance revolution machine.”

  1. Virgile novembre 1, 2011 à 12:11 #

    Bravo l’artiste, très original comme univers !

    • copaincommecrayon novembre 1, 2011 à 12:50 #

      Merci, on fait ce qu’on peut. ;)
      Je pensais pouvoir revenir terminer notre oeuvre ce mois-ci mais c’est tombé à l’eau. Il faudra de la patience.

  2. Ove Madn novembre 4, 2011 à 7:23 #

    Hé ! ça me rappelle le trait de crayon d’un dessinateur qui s’occupait de jeux pour Astrapi, si ça dit quelque chose à quelqu’un …
    Un univers déjanté autour d’un mec en combinaison colorée portant poulaines et nom à coucher dehors, ça vous parle ?

    • copaincommecrayon novembre 4, 2011 à 8:35 #

      Pas du tout. Astrapi j’aurais tendance à déprimer si je suis comparé à Astrapi… Enfin bon. :P

  3. Ove Madn novembre 6, 2011 à 3:42 #

    ‘Y’a pas de quoi … Le nom me revient, c’était le chevalier (de ?) Folalié.

    • copaincommecrayon novembre 7, 2011 à 5:02 #

      Je ne connais guère.

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